De retour du festival d'Angoulême, nous apprenons avec joie que le Grand Prix a été décerné à Philippe Dupuy et Charles Berbérian. Charles Berbérian que nous avions eu le plaisir d'interviewer dans le n°2 d'Onapratut magazine. Ce choix confirme la haute valeur honorifique de cette récompense.

Il est dommage que dans le même temps, le festival ait une fois de plus raté le coche pour défendre ce qu'il appelle “la bande dessinée alternative”. En séparant cet espace en plusieurs zones incohérentes, en partie à côté d'une bulle définie comme “les gros éditeurs”, et en partie intégré à la bulle “Nouveau monde”, il a gommé l'identité de tout regroupement indépendant, tout en maintenant une séparation marginalisante. D'autre part, cet espace était assez dérisoire pour obliger à une “sélection drastique” dont on ne connaît toujours pas les critères. Résultat des courses : Onapratut n'a pas pu avoir de stand à son nom cette année.

On a pu entendre que cette configuration risquait d'être reproduite l'an prochain. Ce serait regrettable. Que le festival jongle avec des impératifs économiques, c'est normal. Qu'il ne se soucie pas des petites structures tout en prétendant donner le ton de l'actualité intellectuelle, ça ne l'est plus.


L'association Onapratut s'associe donc aux signataires du communiqué suivant :

Cette année, les acteurs de l'espace BD Alternative s'inquiètent des conditions d'accueil qui leur sont proposées. Le nombre de stands est passé de 50 à 30. Pour cette seule raison, certaines structures ont vu leur candidature refusée selon un processus de sélection qui reste à éclaircir. Les stands eux-mêmes rétrécissent. L'offre d'un “grand” stand (de 3 mètres linéaires…) a été supprimée au dernier moment, alors que les réservations étaient déjà faites. Nous tenons à protester face à ce que nous interprétons comme du mépris de la part du Festival d'Angoulême. Le Festival affirme la volonté de mettre en avant, dans sa sélection, la création et la liberté, et de tenir compte le mieux possible du contexte éditorial actuel. Il est paradoxal qu'il néglige ainsi les jeunes structures, qui participent activement à ce contexte éditorial, et qui représentent le futur de la bande dessinée.

Doléances / Ce que nous demandons au Festival :

- Une reconnaissance effective de l'existence de la micro-édition

- Être présents dans le même espace que les éditeurs indépendants actuellement à la bulle “Nouveau Monde”

- Des critères transparents pour l'attribution des stands

- Des tailles de stand cohérentes en termes de rapport qualité/prix et loués sur plans

- Respect des engagements du contrat

- Une direction culturelle/artistique pour l'espace BD alternative

- Que les nominés pour le Prix Bande Dessinée Alternative aient un stand

- Valorisation du Prix Bande Dessinée Alternative avec présence sur le site officiel


Signataires :

L'Association - Atrabile - Bicéphale - La Cafetière - Cambourakis - Canicola - La Cerise - Collectif la Toile - Cornélius - Dame Pipi Comix - Écarquillettes - Les Éditions dans la caravane - Ex-Abrupto - La Fabrique de Fanzines - Flblb - FRMK - Groinge - La Grosse Mouche - Habeas Corpus - Institut Pacôme - Mégalithe Studio - Misma - L'œuf - PLG - Rackham - Les Requins Marteaux - Six Pieds sous Terre - The Hoochie Coochie - Troglodyte - Vertige Graphic - Y'en a / Wallstrip